Comment devenir prêtre ?

Quel est le Rôle du Prêtre ?  (et celui du Diacre)

Comme nous le propose le rite d’ordination du « Pontifical Romain » rénové selon le décret du saint Concile Œcuménique Vatican II, publié par l’autorité du Pape Paul VI et révisé par les soins du pape Jean-Paul II ;

Le Prêtre est principalement « l’Assistant de l’Evêque » aidant ce dernier dans sa mission Episcopale. Etre Prêtre équivaux donc à se mettre « au service » d’un Evêque, lui-même « au service » d’un Pape (ou d’un Archevêque Primat ou Patriarche selon les différentes Eglises), lui-même au service de « l’Eglise Chrétienne en son ensemble » qui porte le message du Christ (Serviteur et Rédempteur de l’humanité).

Le Prêtre est donc « au service de ».

Le Pontifical Romain, au cours du Sacrement de l’ordination, interpelle l’Ordinand :

« … Voulez-vous devenir Prêtre, collaborateur des Evêques … ? »

« … Promettez-vous de vivre en communion avec moi (l’évêque qui préside l’ordination) et mes successeurs, dans le respect et l’obéissance ? … »


Le Vœu Spirituel qui est expressément demandé à l’Ordinand est donc bien celui « de l’obéissance à son consécrateur » selon les Règles Chrétiennes. Ce n’est donc pas une simple « initiation », mais bien un engagement dont chaque conséquence doit être soigneusement pesée par celui qui aspire à la Prêtrise.

Le pontifical romain précise en outre, au cours de la Prière d’ordination prononcée par l’Evêque :

« … Qu’ils reçoivent de toi Seigneur, la Charge de seconder l’ordre épiscopal … »

C’est donc une « Charge » nouvelle qui repose sur les épaules du nouvel Ordonné. Qui dit « Charge » dit « Responsabilité » Spirituelle. Le Destin de celui qui choisit la Voie Ecclésiale n’est plus entre ses propres mains, car il se met volontairement au service de la Religion Chrétienne et de ses Evêques.

Bien sur, le Prêtre reste libre. Il peut toujours changer d’avis et « démissionner » de son sacerdoce. Il devient alors un prêtre « défroqué » (il a quitté le « froc », c’est à dire l’habit ecclésiastique). Mais il s’agit là d’un échec spirituel heureusement assez rare.

Le Diacre répond aux même règles avec un engagement moindre, puisque son rôle principal est d’assister le Prêtre dans son Sacerdoce (Messe, Sacrements, visites aux malades, etc…). Le Diacre, bien qu’ayant reçu le premier des ordres majeurs, est considéré comme un civil, tandis que le Presbyte est un ecclésiastique à part entière.



Explications sur le MAGNETISME SPIRITUEL en action au cours d’une ORDINATION


LES ORDRES MAJEURS

Nous abordons l'étude des Ordres les plus élevés de l'Eglise : ceux qui confèrent un pouvoir défini. Laissant de côté le sous-diaconat, qui n'est qu'un Ordre préparatoire ne conférant aucun pouvoir, ces Ordres majeurs sont au nombre de trois :

ceux d'évêque,
de prêtre
et de diacre.

Le diacre

Le diacre est réelle­ment une sorte d'apprenti ou d'assistant-prêtre. Il n'a pas en­core le pouvoir de consacrer le Sacrement, de bénir les fidèles ou de leur remettre leurs péchés. Il peut baptiser les enfants, mais, ainsi que nous l'avons déjà expliqué, même un laïque est autorisé à le faire en cas de nécessité urgente.

Le Prêtre

Après une année (dans certains cas le diaconat et la prêtrise sont conférés dans la même cérémonie religieuse) passée dans le diaconat, il peut être ordonné prêtre, et c'est cette seconde ordination qui lui confère le pouvoir plus élevé de puiser la force divine. C'est à lui qu'appartient le pouvoir de con­sacrer l'Hostie, ainsi que de bénir les objets divers, de bénir les fidèles au Nom du Christ, et de prononcer l'absolution de leurs péchés.

L’Evêque

En plus de tous ces pouvoirs, l'évêque possède celui d'ordonner d'autres prêtres, continuant ainsi la succession apos­tolique. Lui seul a le droit d'administrer le sacrement de la confirmation et de consacrer une église, c'est-à-dire de la mettre à part pour le service de Dieu.

Ces trois Ordres sont les seuls qui aient des degrés déterminés, qui sont séparés l'un de l'autre par des ordinations conférant des pouvoirs différents. Vous pouvez entendre parler de bien des titres appliqués au clergé chrétien, tels que ceux de cardinal, d'archevêque, archidiacre, doyen, chanoine, prébendier, curé ou vicaire, mais ce ne sont que des titres d'offices (le pape lui-même, dans l'Église romaine, n'a pas de pouvoir d'ordre supérieur à celui de l'évêque), impliquant des différences de de­voirs, mais non de degrés en ce qui concerne le pouvoir spiri­tuel.

Le clergé

Le Clergé existe pour le bien du monde; ses membres sont destinés à servir de canaux pour la dispensation de la grâce de Dieu. Des prêtres et des évêques ont parfois oublié ce point capital et ont succombé à la tentation de chercher le pouvoir pour eux-mêmes et pour la branche de l'Église à laquelle ils appartenaient. Leur devoir est d'expliquer la vérité telle qu'ils la voient, et d'offrir conseils et avis à ceux qui en ont besoin; en aucun cas ils n'ont le droit d'essayer de dominer l'esprit des autres, ou de les forcer à entrer dans une voie quelconque.

La grâce de Dieu

La grâce de Dieu est la vie de Dieu, et elle est sans cesse déver­sée dans le monde de bien des manières et à des niveaux divers. C'est l'un des buts de chaque religion de procurer à ses fidèles des canaux pour cette effusion de force divine, et de les pré­parer à en profiter pleinement. C'est évidemment la volonté de Dieu, qu'à mesure que Son peuple s'élève de degré en degré sur l'échelle de l'évolution, et apprend ainsi à Le voir plus clai­rement et à mieux comprendre Son vaste et merveilleux plan, il lui soit donné l'occasion et le privilège d'y coopérer. Pour comprendre comment cela est possible, nous devons connaître un peu ce que l'on pourrait appeler la physique des mondes supérieurs : les lois qui régissent ces forces puissantes et la manière de les utiliser.

La descente des Forces

Sur chaque plan de Son système solaire, Dieu déverse Sa lumière, Sa force, Sa vie; et c'est naturellement sur les plans supérieurs que cette effusion de force divine peut être donnée dans toute sa plénitude. Le passage de chaque plan à celui im­médiatement au-dessous représente une limitation presque paralysante, une limitation incompréhensible si ce n'est à ceux qui ont expérimenté les plus hautes possibilités de la conscience humaine. Ainsi la vie divine coule avec une plénitude incom­parablement plus grande sur le plan mental que sur l'astral; et cependant même sa gloire dans le monde mental est ineffa­blement surpassée par celle du monde de l'intuition. Normale­ment, chacune de ces merveilleuses vagues d'influence se ré­pand sur son propre plan (horizontalement, pour ainsi dire), mais elle ne passe pas dans l'obscuration d'un monde inférieur à celui pour lequel elle était originellement destinée.

Le Canal spirituel

Cependant, dans certains cas, la grâce et la force particu­lières à un plan supérieur peuvent, dans une certaine mesure, descendre à un niveau inférieur, et s'y répandre avec un résul­tat magnifique. Des expériences répétées et des investigations patiemment poursuivies, nous montrent que ceci n'arrive que lorsqu'un canal spécial est momentanément ouvert; et c'est du plan inférieur que, par ses propres efforts, l'homme doit cons­truire ce canal.

L’Altruisme

Lorsque la pensée ou le sentiment d'un homme est égoïste, l'énergie produite se meut en courbe fermée et re­vient inévitablement s'épandre sur son propre plan; mais lors­que la pensée ou le sentiment est absolument altruiste, son éner­gie s'élance en une courbe ouverte et ne revient donc pas dans la direction habituelle, mais passe dans le plan au-dessus; car là seulement, grâce à la dimension supplémentaire, elle peut trouver la place nécessaire à son expansion.

Mais en se frayant ainsi un passage, une telle pensée ou un tel sentiment laisse pour ainsi dire une porte ouverte, de la grandeur de son propre diamètre, et de cette manière fournit le canal requis, par lequel la force divine du plan supérieur peut se déverser sur le plan inférieur avec de merveilleux résultats, non seulement pour le penseur, mais encore pour d'autres. Un courant illimité de force d'un type élevé est toujours prêt à se déverser dans le canal qui s'offre à lui, comme l'eau d'un ré­servoir est, si l'on peut dire, prête à s'élancer par le premier tuyau qui serait ouvert.

Un tel influx de vie divine ne fait pas que de fortifier et d'élever grandement celui qui a créé le canal, mais il irradie encore tout autour de ce dernier une influence puissante et salutaire. Ce résultat a souvent été interprété comme étant une réponse à une prière, et a été attribué par les igno­rants à ce qu'ils appellent une intervention spéciale de la Pro­vidence, tandis qu'il est dû à l'action infaillible de la loi divine, grande et immuable.

Les Anges et les Saints alimentent un réservoir spirituel

On comprendra aisément que les grands saints et les Anges ont un pouvoir de dévotion bien au-dessus du nôtre et que leurs efforts peuvent atteindre des niveaux plus élevés que ceux aux­quels nous pouvons espérer arriver à présent. Il y a eu des saints dans toutes les religions et pendant des millénaires ces grands Etres ont inondé le monde de force spirituelle du type le plus élevé, ce qui fait qu'une sorte de grand réservoir de cette force a été formé et, sous certaines conditions, elle peut être utilisée pour aider et élever l'humanité. Bien des hommes et des femmes de vie dévote, spécialement ceux des ordres contem­platifs, se consacrent inconsciemment à cette œuvre; et même nous, d'une manière plus humble, nous pouvons partager ce glorieux privilège.

Si petits que soient nos efforts, comparés à la splendide effusion de force du saint ou de l'Ange, nous pouvons aussi ajouter nos petites gouttes à la grande provision de ce réservoir, et nous pouvons le faire par la dévotion ou l'amour désintéressé dont nous venons de parler. Une telle pen­sée ou un tel sentiment ne fait pas que d'ouvrir la porte du ciel, mais la plus grande et la plus noble partie de sa force monte jusqu'au trône de Dieu même, et la magnifique bénédiction par laquelle Il répond im­médiatement s'écoule dans ce réservoir pour le bénéfice de l'humanité.

Les compartiments du Réservoir

De sorte qu'il est possible à chacun de nous, même au plus faible et au plus pauvre, d'aider le monde de cette manière admirable. C'est cet apport au réservoir de force spi­rituelle qui est la vérité cachée derrière la curieuse idée des œuvres de surérogation. Selon les dispositions prises par le Christ à l'égard de Sa nou­velle religion, une espèce de compartiment spécial de ce réservoir devait être réservé à son usage, et un corps d'officiants être mis à même d'y puiser, au moyen de certaines cérémonies, de certains mots et signes d'autorité, pour le bien spirituel des fidèles.

Rôle de l’Ordination

Le système adopté pour transmettre le pouvoir est ce que l'on appelle l'ordination, et nous voyons ainsi immédiatement la signification réelle de la doctrine de la succession apostolique, qui fut l'objet de tant de discussions.

L'économie et l'efficacité de tout le plan du Christ reposent sur le fait que des pouvoirs bien plus grands peuvent être faci­lement dispensés à quelques hommes, préparés spirituellement à les recevoir, pouvoirs qui ne pourraient être distribués à tous sans occasionner une perte d'énergie qu'on ne saurait envisager un instant. Dans la religion hindoue, par exemple, chaque homme est prêtre pour son propre foyer, et nous avons ainsi affaire à des milliers de prêtres de toute sorte de tempéraments différents et nullement préparés dans ce but.

Dans la religion chrétienne, le système de l'ordination des prêtres accorde un pouvoir plus grand à un nombre restreint de personnes, que cette ordination même consacre à l'œuvre divine.

Les Pouvoirs Spirituels des Evêques

Appliquant ce principe plus loin, nous trouvons que des pou­voirs encore bien plus grands sont donnés à un nombre de personnes encore plus restreint les évêques. Ils deviennent des canaux pour la force qui confère l'ordination et pour la manifestation plus faible de cette même force qui accompagne le rite de la confirmation. Le côté occulte de ces cérémonies est toujours d'un grand intérêt pour l'étudiant des réalités de la vie. Il y a malheureusement bien des cas, actuellement, dans lesquels toutes ces choses ne sont que de simples formalités, et bien que cela n'empêche pas leur résultat, cela le diminue. Mais lorsque les anciennes formes sont employées comme il avait été prévu qu'elles devaient l'être, le résultat invisible est hors de toute proportion avec le résultat visible, sur le plan physique.

Le Sacrement de l’Ordre

C'est par ce Sacrement des Ordres qu'un homme reçoit le pouvoir de puiser, dans divers buts bien définis, au réservoir dont nous avons parlé. Les trois états

de diacre,
prêtre
et évêque,

représentent trois degrés de ce pouvoir et, en même temps, trois mondes :

Monde astral
Monde mental
Monde spirituel

Et trois degrés d'union avec notre Seigneur.

Les pouvoirs spéciaux

Chaque ordination confère ses pouvoirs spéciaux, et à mesure que l’ordinand s'élève d'un rang à l'autre, dans l'Eglise, il se rapproche de plus en plus de son grand Maître, le Christ. Il entre en contact toujours plus étroit avec le puissant réservoir, dans lequel il peut ainsi puiser toujours davantage. Dans ce réservoir même, il y a des niveaux différents et des degrés différents de pouvoir.

Le jeu de tout le système peut, jusqu'à un certain point, être expliqué ou symbo­lisé par un diagramme et nous allons essayer tout à l'heure d'éclairer notre entendement par ce moyen; mais naturelle­ment, tout dessin dû à la main des hommes ne pourra qu'ébau­cher faiblement ce qui se produit réellement. Car toutes ces forces sont des forces vivantes et divines; et, bien que leur action ait un côté mécanique, il y en a aussi un autre qui ne pourra jamais être représenté par des dessins ou des mots.

Le Réservoir

Cette partie réservée du réservoir n'est pas facile à décrire. Elle s'étend à travers divers plans ou états de matière, et si nous essayons de la représenter par une forme limitée à nos trois dimensions, l'image la plus exacte que nous puissions en donner est celle d'un immense objet en forme de cloche, assez sem­blable à un «dagoba» bouddhiste.  Elle est divisée en trois parties que nous avons désignées par A, B et C.

Le Diaconat

L'ordination d'un diacre le met en rapport avec le rebord de la cloche, marqué C, et le rend capable d'y puiser de la force, pour son propre avancement d'abord, et ensuite pour le pré­parer à recevoir ce qui va venir. Cependant, il peut aussi, jus­qu'à un certain point, la passer à d'autres personnes par un effort de sa volonté et ainsi aider son prochain tant astralement que mentalement.

La Prêtrise

Mais c'est au degré suivant, celui de la prêtrise, que le pouvoir réel commence. Le prêtre puise dans la partie marquée B, la partie principale de la forme; par son ordination, l'égo (ou âme) a été éveillé d'une manière plus déterminée, et il peut ainsi influencer directement d'autres âmes sur le plan du corps causal. C'est ce rapport qui lui donne le pouvoir de redresser les écarts causés par l'abandon du droit chemin, et c'est pour­quoi il est dit qu'il peut remettre les péchés. A lui aussi appar­tient le droit de bénir et d'offrir le sacrifice de la Sainte Eucharistie. La force que le prêtre fait descendre n'est pas pour lui, mais pour les fidèles confiés à ses soins.

L’Episcopat

La pointe du « dagoba », ce qui serait représenté par le manche de la cloche (marquée A), pénètre les plans institutionnel et spirituel; et c'est là que peuvent puiser les évêques. L'évêque est destiné à être une véritable manifestation du principe du Christ, qu'il sera capable d'irradier sur tous ceux qui entrent en contact avec lui. La puissance pour le bien qui est à sa portée ne peut pas être aisément exagérée.

Les deux aspects de l’ordination

Ainsi donc, il y a deux aspects à l'ordination :

1/ le don du Saint ­Esprit, qui donne la clef pour le réservoir,  
2/ le lien personnel du Christ avec Son ministre.

Le premier de ces aspects est la connexion officielle qui met un prêtre à même, par exemple, de consacrer l'Hostie, de donner l'absolution et la bénédiction. C'est le minimum irréductible de pouvoir qui appartient à tous les prêtres ordonnés selon la règle, et il est tout à fait indépen­dant des autres connaissances qu'ils peuvent avoir acquises (leur développement spirituel ou dévotionnel, par exemple, ou leur compréhension du mécanisme des sacrements qu'ils ad­ministrent) tout comme un homme peut être un télégraphiste au travail rapide et exact, bien qu'il ne sache pas ce qu'est l'électricité, et que sa moralité ne soit pas au-dessus de tout reproche.

Bien des gens trouvent ceci étrange, parce qu'ils n'ont pas compris la nature du rapport existant entre le prêtre et le Sacrement. Si l'Hostie était un talisman auquel il devrait com­muniquer son magnétisme personnel, évidemment la nature de ce magnétisme serait de toute importance. Cependant, il n'est pas question ici de magnétisation, mais de l'accomplisse­ment en bonne et due forme d'une certaine cérémonie, avec laquelle le caractère de la personne, qui la remplit n'a rien à faire. Si les fidèles devaient faire une enquête approfondie sur la moralité d'un prêtre avant d'être certains de la validité des Sacrements administrés par ce dernier, un élément d'incerti­tude intolérable serait introduit, lequel rendrait pour ainsi dire inutile le plan si merveilleusement conçu par le Christ, pour le bien de Son peuple. Il n'a pas prévu un plan aussi absurde pour le don de Sa grâce.

Le Principe de l’Eucharistie

Pour comparer une grande chose à une  petite, disons qu'assister à la célébration de la Sainte Eucha­ristie ressemble à l'action d'aller à la banque retirer un mon­tant en or; les mains du caissier peuvent être propres ou sales, et assurément la propreté est préférable à la saleté; mais dans l'un et l'autre cas, nous retirons tout de même notre or. Il est sans aucun doute préférable, à tout les points de vue, que le prêtre soit un homme de caractère noble et d'une dévotion profonde, et qu'il comprenne parfaitement, pour autant qu'un mortel le peut, le mystère prodigieux qu'il administre; mais que cela soit ou ne soit pas le cas, la clef qui ouvre une certaine porte a été mise dans sa main et c'est surtout l'ouverture de cette porte qui nous importe.

Seul un Prêtre ordonné peut célébrer l’Eucharistie

Premièrement, seuls les prêtres qui ont été ordonnés selon le rite et qui ont la succession apostolique, peuvent atteindre ce résultat. D'autres hommes n'appartenant pas à cette organisa­tion définie ne peuvent y parvenir, quelque dévoués, bons ou saints qu'ils soient.

Secondement, ni le caractère du prêtre, ni sa connaissance ou son ignorance de ce qu'il fait réellement, n'affecte le résultat d'une manière quelconque.

Si l'on réfléchit, aucune de ces assertions ne devrait nous paraître étonnante, puisqu'il s'agit-là d'une question d'aptitude à accomplir une certaine action, et que seuls ceux qui ont passé par un certain cérémonial ont reçu le pouvoir nécessaire pour le faire; de même que pour pouvoir parler avec certaines gens, on doit connaître leur langue; un homme ne sachant pas cette langue ne pourra s'entretenir avec eux, si bon, si zélé et si dévoué soit-il. D'autre part, la faculté qu'il a de communi­quer avec ces personnes n'est pas affectée par sa propre nature, mais seulement par le fait qu'il possède ou non le pouvoir de leur parler que confère la connaissance de leur langue.

Nous ne voulons pas dire que ces considérations n'ont pas leur im­portance; nous y reviendrons plus tard, mais ce que nous voulons dire c'est que personne ne peut puiser dans ce réservoir particulier à moins d'avoir reçu le pouvoir de le faire, pouvoir qui doit être dûment conféré selon les instructions données par le Christ.  

Pourquoi cette contrainte ?

Il est facile de comprendre la raison pour laquelle cet arran­gement a été fait. On avait besoin d'un système pouvant mettre une splendide effusion de force à la disposition de chacun, si­multanément, dans des milliers d'églises dans le monde entier. Peut-être serait-il possible à un homme d'une puissance et d'une sainteté exceptionnelles de faire descendre, par l'intensité de sa dévotion, autant de force supérieure que l'on peut en obtenir par les rites que nous avons décrits. Mais les hommes d'une telle puissance sont toujours excessivement rares, et il n'aurait jamais été possible, à aucun moment de l'histoire du monde, d'en trouver suffisamment pour subvenir à la millième partie des besoins de l'humanité.

Une Mécanique Spirituelle

Mais voici un plan dont l'ar­rangement est en quelque sorte mécanique; il est décrété qu'un certain acte, dûment accompli, sera la méthode reconnue pour faire affluer la force divine, et ceci peut être accompli, après un entraînement relativement court, par toute personne qui en aura reçu le pouvoir. Un homme fort est nécessaire pour pom­per de l'eau, mais n'importe quel enfant peut tourner un robi­net. Il faut un homme fort pour faire une porte et la mettre à sa place, mais une fois qu'elle est sur ses gonds n'importe quel enfant peut l'ouvrir.

Etant moi-même un prêtre ordonné dans la Petite Eglise Apostolique, et sachant combien âpres sont les disputes afin de savoir si cette Eglise a ou n'a pas la succession apostolique, nous avions naturellement tout intérêt à découvrir si ses prêtres possédaient cette force. Nous fûmes très heureux de constater que c'était réellement le cas.

Les sectes chrétiennes ne possèdent pas ce Pouvoir

Mais nous trouvâmes bientôt, après examen, que les ministres de ce que l'on appelle communément les sectes dissidentes, ne détenaient pas ce pouvoir, quelque bons et sincères qu'ils fussent. Leur bonté et leur sincérité produisaient une quantité d'autres effets, mais ils ne pouvaient pas puiser au réservoir spécial auquel nous avons fait allusion. Je fus particulièrement intéressé par le cas d'un de ces ministres que nous connaissions personnel­lement comme un homme bon et pieux, très au courant des choses occultes. Voilà un homme qui connaissait mieux la. signification réelle de l'acte de consécration que neuf cent quatre-vingt-dix-neuf prêtres sur mille, qui l'accomplissent constamment, et cependant nous sommes obligés d'admettre que malgré tous ses efforts il n'arrivait pas à produire cet effet par­ticulier, tandis que les autres y parvenaient incontestablement.

L’intention du Prêtre

Une autre question qui nous intéressa également, fut de chercher à découvrir si l'intention du prêtre affectait le résultat produit et jusqu'à quel point. Dans l'Église romaine, nous avons trouvé beaucoup de prêtres qui accomplissaient cette cérémonie d'une manière quelque peu mécanique, comme un devoir quo­tidien routinier, sans y accorder une pensée définie. Mais, soit par révérence innée ou par suite d'une longue habitude, ils semblaient toujours reprendre possession d'eux-mêmes juste avant la consécration et accomplir cet acte avec une intention définie.

Les Sacrements sont reçu du Christ Lui même

En vérité, il est exact que tous les Sacrements sont reçus de la main du Christ Lui­même, quelque faibles et ignorants que soient les instruments par lesquels ils passent. Nous ne doutons pas que bien des gens penseront que tout ceci devrait être arrangé d'une manière tout à fait différente, mais nous ne pouvons que rapporter fidèle­ment ce que nos investigations nous ont démontré.

On ne doit pas un seul instant s'imaginer que nous consi­dérons la dévotion, la sincérité, les connaissances et la bonne réputation de l'officiant comme n'ayant aucune importance. Elles en ont une très grande, mais elles n'affectent pas le pou­voir de puiser à ce réservoir particulier. Lorsque le prêtre est sincère et plein de dévotion, ses propres sentiments rayonnent sur ses ouailles et font naître des sentiments semblables chez ceux qui sont capables de les exprimer. Sa dévotion attire également l'inévitable réponse et l'afflux de force ainsi appelé profite aussi bien aux fidèles qu'à lui-même; de sorte que l'on peut dire d'un prêtre qui met tout son cœur et toute son âme dans l'œuvre qu'il accomplit, qu'il fait descendre sur ses ouailles une double bénédiction, bien que le second genre d'influence ne puisse guère être considéré comme étant aussi important que le premier.

Le second afflux de Force

Ce second afflux, attiré par la dévotion même, se manifeste tout autant hors de l'Église que dans celle-ci. Le pouvoir d'aider que le prêtre peut développer, dépend grandement de la façon dont il saura cultiver le second don qu'il reçoit à l'ordination  (le lien personnel établi entre lui­-même et son Seigneur et Maître). Le Christ explique également ceci à Ses apôtres : Il leur dit qu'Il avait prié Son Père, afin qu'ils soient un avec Lui comme Il est un avec Son Père. On attache peu d'importance à ces paroles, et l'on ne réalise pas qu'elles ont trait à des faits scientifiques déterminés. Il dit encore très clairement :

« Voici, je suis toujours avec vous, et même jusqu'à la fin des siècles ».

L’aspect occulte de l’ordination

Si nous étudions le côté occulte de la cérémonie de l'ordination, nous constatons que cette promesse est tenue dans un sens spécial. Ce n'est pas seulement que le principe Christique soit présent dans le prêtre, comme en tout homme. Si infini est l'amour merveilleux du Grand Instructeur du Monde, si grande est Sa condescendance, que dans l'ordination Il attire Ses prêtres à Lui, dans une union personnelle intime, créant un lien défini par lequel la force divine peut s'épancher. Et de même qu'Il est d'une façon mystérieuse et merveilleuse un canal pour le Second Aspect, la Seconde Personne de la Très Sainte Trinité, il fait d'eux des canaux pour Lui-même, mais à un degré infiniment plus bas.

Naturellement, bien des prêtres en sont tout à fait inconscients, et malheureusement il y en a aussi beaucoup qui vivent de telle sorte qu'ils ne peuvent faire qu'un faible usage des splendides possibilités que ce canal leur offre. Cette assertion n'en est cependant pas moins vraie; par conséquent, ce n'est pas une simple figure de rhétorique, mais l'expression d'une sublime réalité que de dire qu'Il est encore présent dans Son Eglise, guidant toujours d'une manière déter­minée ceux qui s'offrent à Son influence.

Dieu fit l’homme à son image

Nous savons que Dieu fit l'homme à Son image, et que, par conséquent, l'âme de l'homme montre une triple manifestation de la Divinité; et aussi, que dans ce cas, ce qui est en bas n'est pas un simple reflet ou symbole de ce qui est en haut, mais en est véritablement, en quelque sorte, une expression.

Le Christ notre Seigneur est l'Homme Parfait, ainsi qu'on nous le dit dans le Symbole de Saint Athanase. En Lui aussi, même ordre, mais chez Lui tous sont complètement développés et ne font qu'un, mystiquement, avec la Seconde Personne de la Sainte Trinité.

Le second des dons conférés par l'ordination est l'union de certains de ces principes, dans l'ordinand, avec les principes correspondants de son Seigneur et Maître, créant ainsi un canal déterminé par lequel la force spirituelle et la sagesse se déverseront jusqu'à ce que la limite de réceptivité la plus extrême de l'ordinand soit atteinte.

L’ouverture du Canal par l’ordination

L'ouverture de ce canal réalise un tel écart de la vie ordinaire, qu'elle ne peut être accomplie que par degrés, et le premier pas dans ce sens est pour ainsi dire une opération chirurgicale psy­chique. Celle-ci est faite lors de l'ordination au diaconat, le sous-diaconat étant un temps de préparation destiné à placer le patient dans une condition favorable au succès de l'opération.

Le don du Saint-Esprit, dé­crit ci-dessus, qui confère le pouvoir sacerdotal, est complet, défini, final pour chacun des degrés, et il est le même pour tous; mais si l'opération consistant à unir l'homme au Christ réussit toujours, le résultat varie suivant les cas et dépend du degré d'évolution du sujet, déterminant jusqu'à quel point celui-ci est sensible à l'influence divine. De même, cette sensi­bilité peut être développée; elle peut être grandement augmen­tée après l'ordination, par des aspirations et une dévotion ar­dentes, et par l'effort déterminé du prêtre pour mettre sa nature humaine en harmonie avec la Nature divine de vivre la vie du Christ.

L’ordination du Diacre

A l'ordination d'un diacre un pre­mier foret est enfoncé dans le roc, et un lien défini est établi, l'intelligence étant reliée au principe correspondant dans le Christ, de sorte que celui-ci peut influencer celui-là et l'inciter à une activité bienfaisante. Il ne s'ensuit pas du tout qu'il l'affectera nécessairement de cette manière; cela dépend du diacre. Mais le chemin est tout au moins ouvert, la communication est établie, et c'est à lui d'en faire ce qu'il peut. Il devra acquérir autant de connais­sance qu'il pourra de ces choses occultes de l'âme et s'efforcer sérieusement de développer en lui-même tant le mental supé­rieur que l'inférieur, afin de pouvoir y refléter et exprimer la pensée de son Seigneur :

« Qu'en vous soit le même esprit qui est aussi en Jésus-Christ ».

Il doit tâcher de s'adapter à sa nouvelle condition, afin de profiter pleinement de l'occasion qui lui est offerte. Ainsi il sera prêt, le moment venu, à recevoir la bénédiction plus élevée de l'Ordre de la prêtrise.

L’ordination du Prêtre

La responsabilité du prêtre est bien plus grande, parce qu'il possède un pouvoir beaucoup plus étendu. Pour lui, la con­nexion est élevée d'un degré et le principe jusqu'à présent latent, est mis en activité et uni à celui du Christ. Ceci implique éga­lement un élargissement du canal qui avait été précédemment ouvert, de sorte qu'il peut ainsi transmettre un courant de force plus puissant.

En outre, un autre genre de connexion entre en jeu, lequel est au premier ce que la décou­verte de Marconi est au télégraphe ordinaire. La clairvoyance montre une ligne de feu, que l'on distingue clairement, et qui unit le prêtre à son Maître; mais en plus de ceci, l'esprit et l'intuition en lui  sont illuminés par vibration sym­pathique et mis en harmonie avec la lumière éblouissante des principes correspondants chez le Seigneur.

L'effet n'est géné­ralement que peu important en ce qui concerne l'esprit, mais très marqué dans l'intuition. Quiconque ayant développé la faculté de la clairvoyance, comprendra immédiatement la dif­férence existant entre ces deux méthodes de connexion, mais il est probablement impossible de l'expliquer à un homme n'ayant pas encore éveillé en lui-même ce sens occulte, autre­ment que par le symbolisme maladroit que nous venons d'em­ployer.

Le Prêtre devient un Elu du Christ

Il en résulte que par ce second aspect de l'ordination, le prêtre est uni à son Maître et devient « Son élu », en vérité une sentinelle avancée de Sa conscience, un canal pour Sa grâce, un dispensateur de Sa force aux fidèles, dans le langage parlé en Angleterre, dans les campagnes, le « parson », qui ne veut pas dire autre chose que la personne représentant le Christ dans une certaine paroisse. Si nous nous remémorons l'origine du mot personne, du latin per (à travers) et sona (un son), nous souvenant, en outre, que le mot persona était em­ployé pour désigner le masque que portait l'acteur romain, à travers lequel passait le son de sa voix, nous comprendrons l'idée que le vieux mot « parson » doit exprimer. Évidemment, il appartient au « parson » de vivifier cette connexion inté­rieure sacrée, et de devenir de plus en plus une manifestation personnelle de son Seigneur. Il est d'autant plus triste d'avoir à avouer que des milliers de prêtres ne font que puiser méca­niquement à ce réservoir pour l'accomplissement de leur office et ignorent tout de cette connexion individuelle directe avec le Christ, de Qui ils sont les ministres.

Heureusement qu'il y a aussi beaucoup de prêtres qui, sans rien savoir de toutes ces choses, mènent une vie vraiment belle et suivent les traces du Christ, de sorte que Sa force se répand à travers eux avec puis­sance et douceur pour le salut de Son peuple.

La consécration d’un Evêque

La consécration d'un évêque représente la plus haute possi­bilité d'acquérir des connaissances qui soit offerte dans les Ordres sacrés. Par là, deux autres liens très importants sont ajoutés à ceux possédés par le prêtre.

1/ D'abord, la ligne de l'in­telligence, ouverte premièrement lors de l'ordination au dia­conat, puis prolongée sur le plan suivant dans la prêtrise, est maintenant immensément élargie et poussée jusqu'à la limite la plus extrême actuellement à notre portée : le troisième aspect de l'Esprit Triple.

2/ Ensuite, une connexion directe est établie entre l'intuition et le principe cor­respondant dans notre Seigneur. C'est ceci qui donne le pou­voir de conférer les Ordres et qui implique la faculté virtuelle d'éveiller le principe christique dans son aspect second.

Nous trouvons donc dans l'évêque la connexion directe active et une vive lueur allumée par vibration sym­pathique. Nous voyons immédiatement combien l'évêque est intimement uni au Seigneur, dont il est le légat, et quel immense pourvoir pour le bien est placé dans ses mains.

Extraits choisis du livre « La Science des Sacrements » de Mgr C. W. Leadbeater, édition Saint Alban 1926.

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